Prochainement, lancement du site Web Port Center Côte d'Azur

Edito Conseil a réalisé le contenu éditorial du futur site et de ses principales animations médias : quizz maritime et portuaire, motion design.

Objectif : Faire entrer le territoire dans la démarche pédagogique de sensibilisation à la culture maritime et portuaire sous l'égide et l'impulsion de l'AIVP.


Avec WinPulse Technologies, pour l'innovation énergétique en Méditerranée

Dans le cadre du programme régional "LA MEDITERRANEE DU FUTUR ACTE III", l'entreprise innovante Windpulse Technologies a présenté le 26 novembre à Marseille sa solution d'aérogénérateur (éolienne tri voiles) et pitché devant un collège d'investisseurs. Point d'orgue d'une stratégie de développement auquel Edito Conseil est fière de contribuer. Prochain objectif : financer des implantations on-shore et off-shore en proposant aux opérateurs une solution énergétique verte, acceptable, rentable et produite en circuit court...


Avec le port Vauban, les projets s'enchaînent

Accompagnement des équipes opérationnelles

Technopole du Yachting, communication opérationnelle, application mobile plaisanciers…les projets s’enchaînent avec les équipes du port Vauban.

Port Vauban. Vue aérienne du Fort Carré

Feuille de route CCI Drôme

Feuille de route de l’Ecole de Commerce de Valence

La mission d’accompagnement de la CCI de la Drôme se poursuit avec la nouvelle feuille de route de l’Ecole de Commerce de Valence.

Recueil de terrain avec les équipes. Novembre 2019

Berre l'Etang fait sa Grande Enquête

Berre l’Etang fait sa Grande Enquête

Édito Conseil a accompagné la Ville et son exécutif dans la conception et la réalisation d’une vaste enquête auprès des 12 000 habitants. Ni sondage, ni consultation, la méthode suivie a surtout permis de dégager un contenu de propositions concrètes.

Avec le maire de Berre l'Etang lors d'une réunion publique.

Gritaccess - Acte 1

GRITACCESS – acte 1

Édito Conseil a élaboré le cahier d’acteurs du colloque international Ports & Patrimoines le 17 septembre 2019 dans le cadre du projet Grand Itinéraire Tyrrhénien Accessible (GRITACCESS), Programme Européen sur l’accessibilité au patrimoine. Un projet piloté par la CCI Nice Côte d’Azur, avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Ville d’Antibes Juan-les-Pins, le Port Vauban et ses partenaires européens.


Chirac, facile d'excès

Chirac,
facile d’excès

L’actualité nous donne « Chirac », animal politique certes mais au style de communication confus. Aller un peu au-delà du stéréotype qui veut qu’un homme politique qui aime la tête de veau ne peut pas être foncièrement mauvais et fait de lui un français « vrai » est chose tentante. Je propose d’illustrer la technique du « mapping » en mettant en lumière les composants de ce style et en proposant une comparaison avec ses prédécesseurs et successeurs.

Phase 1 : le corpus

D’abord le corpus. Nous excluons De Gaulle trop bien servi par l’histoire, un peu trop « hors compétition » et qui a exercé dans un contexte médiatique pour le moins étriqué. Nous excluons G.Pompidou et V. Giscard d’Estaing qui réfèrent tous les deux à une paléo-communication où l’émetteur était roi, l’écho médiatique discret, le risque d’opinion diffus. Ces trois présidents ont certes un style mais ils n’appartiennent pas à la même séquence. Le corpus s’étend donc sur 40 ans, avec la succession suivante que l’on rappelle pour les jeunes lecteurs :

1981 – 1995 : F. Mitterand
1995 – 2017 : J. Chirac
2007 – 2012 : N. Sarkozy
2012 – 2017 : F. Hollande
2017 – …2021 : E. Macron

Pour planter le décor, on partira des stéréotypes, sauf pour Chirac dont l’objectif est précisément de le « benchmarker ».  A François Mitterand correspond son image construite par son publicitaire J. Séguéla, « la force tranquille » première véritable campagne politique empruntant les codes publicitaires. Avec Nicolas Sarkozy, place à la rupture et à la figure démiurgique du dépassement, « ensemble tout est possible ». François Hollande s’étant défini lui, par auto-construction, en président dit « normal ». Enfin Emmanuel Macron évolue dans une autre registre, celle que les observateurs ont qualifié de « jupitérien ».

Mais ceci n’étant pas un exercice de style, nous débutons maintenant l’exercice méthodologique en détaillant les étapes de création d’un mapping. Le mapping pouvant être défini comme une schématisation intuitive permettant la comparaison au sein d’un corpus s’appuyant sur des dimensions d’analyse discriminantes à l’aide de marqueurs.

Cette technique vise à l’objectivité mais ne constitue pas un support scientifique inattaquable, loin de là. Je le définis comme un mix entre  le monitoring sociétal, l’éditorialisme journalistique et l’étude de cas.

La méthode comporte globalement 5 étapes :

  1. Définition du corpus (c’est fait)
  2. Objectif et choix des axes discriminants (l’un ne va pas sans l’autre)
  3. Identification des marqueurs
  4. Positionnement de l’objet
  5. Ajustement et interprétation

  1. À quoi se référer pour nourrir le questionnement ? En gros, en puisant dans les discours, l’image construite via les campagnes, l’image relayée par les médias et médias sociaux, le recul historique.
  2. L’objectif est donc de différencier et types les différents styles couverts par l’analyse en combinant les dimensions structurantes de ce style de communication politique (en bref, choisir des critères et s’y tenir).

Nous posons trois dimensions et nous les justifions dans la foulée.

N°1

À quoi se référer pour nourrir le questionnement ?

En gros, en puisant dans les discours, l’image construite via les campagnes, l’image relayée par les médias et médias sociaux, le recul historique.

N°2

L'objectif est donc de...

différencier et types les différents styles couverts par l’analyse en combinant les dimensions structurantes de ce style de communication politique (en bref, choisir des critères et s’y tenir).

Trois dimensions discriminantes

Nous posons trois dimensions et nous les justifions dans la foulée.

La dominante de style : la construction de style réfère très fortement au registre de la personnalité, en tant qu’il peut fournir évidemment une matrice d’expression. Un axe bipolaire opposant les deux fondamentaux de la philosophie politique (Logos, Pathos) , soit donc une dominante intellectuelle (rationalisante) et une dominante émotionnelle (reposant sur les affects) nous semble s’imposer.

L’intention relationnelle : le deuxième axe pertinent nous semble être ce que la personnalité politique entend établir avec son public. Un type de relation utilisant un curseur de tension, entre distance (intensité minimale) et contagion (intensité maximale). Ce qui est en jeu ici, c’est la nature du lien puisque le lien est en même temps ce qui unit et ce qui sépare.

La valeur projective : le troisième axe a un rôle d’équilibre par rapport aux deux premiers. Ces deux derniers procédant largement de la posture, il, nous manque une valeur projective dans la mesure où la politique comme la communication sont affaires d’action. La sémiologie a désigné cette notion en parlant de registre « conatif », que l’on pourrait définir comme la part de mise en acte contenue dans l’intention du communicant. Nous appellerons cette dimension la valeur projective. Et à ce titre, il y a de grandes différences entre une personnalité qui projette l’action et celle qui projette l’acceptabilité de son action.

En synthèse :

N°3

Identification des marqueurs

Nous avons donc le corpus. Nous avons choisi les dimensions discriminantes de l’analyse. Mais comment effectuer le repérage ? Pour faire simple et parce que le présent article n’a pas de vocation scientifique, nous nous contenterons à ce stade de proposer une sous-division en thématiques que nous appelons ici marqueurs. La liste n’est pas exhaustive mais l’idée force est déjà plus précise si l’on s’y réfère :

N°4

Positionnement de l'objet

On entre ici dans l’interprétation. Bien évidemment et s’agissant d’une appréciation très qualitative, nul besoin de préciser que le positionnement est une opération contestable, instable aussi probablement. Mais c’est un passage obligé qui a sa pertinence pourvu que l’observateur parvienne à mettre de côté ses préjugés et se « décentrer » autant que faire se peut.

Scoring

Voici donc notre scoring :

1. Pour ne  parler que du cas central de Jacques Chirac qui fournit l’ancrage de notre analyse, nous lui attribuons le score de 6 sur l’échelle dominante, soit une valeur fortement orientée vers le pôle rationnel. Certains pourront s’étonner en voyant plutôt dans le style de J. Chirac l’archétype d’un politique plein d’affects. Mais c’est oublier que le discours chiraquien est le plus souvent froid et logique, s’accompagne d’un expression pudique et d’une posture raide et s’appuie largement sur l’énoncé de généralisations (comme chez Mitterrand), procédant in fine d’une transmission plus que d’un partage.

2. La volonté de s’inscrire dans une relation de proximité est réelle mais sans atteindre le niveau fusionnel d’un N. Sarkozy. Vouloir capter le public mais avec une tension maîtrisée, sans confusion des rôles. Le sur-moi est présent chez Chirac, il l’est beaucoup moins chez Sarkozy, toujours lui.

3. Enfin, la dynamique offre plus de contraste. On sent l’urgence chez Chirac. Il y a une impression constante chez lui que sa prise de parole s’inscrit dans une séquence.  Parler pour agir ou justifier l’action. Chez Sarkozy, parler c’est agir. Dire c’est faire.

La comparaison est frappante, non pas tant si l’on regarde un à un les 3 critères mais plutôt quand on cherche à les agglomérer.  Possible pour les quatre autres objets, plus difficile pour J. Chirac dont le profil est éclaté.

N°5 POUR CONCLURE

Interprétation

In fine, nous avons la confirmation de quatre styles  de communication relativement homogènes : Mitterand dont le style cultive une position quasi « extérieure », posture que l’on retrouve chez Macron mais avec une valeur pragmatique supérieure. Nicolas Sarkozy, au style très lisible et prémédité procédant d’une « réalisation » qui confine à la banalisation. Hollande au style hésitant, visant un équilibre qui échoue du coup à camper ce que l’on appelle précisément le style.

Alors Chirac ? Chirac nous semble incarner le style de l’instabilité, de l’hétérogénéité, d’une ambivalence malgré lui. Son scoring est contrasté. Les valeurs s’opposent. Son style est composé d’excès. Peut-être le secret d’une longévité de l’image que l’histoire et le recul permettent de façonner « après coup ». Mitterand le monarque, Macron le Prince, Hollande l’effacé, Sarkozy l’anxiogène. Chirac sera l’être contradictoire, moins rassembleur que centre de gravité de toutes les opinions populaires. L’homme facile d’’excès.

Régis Hugues - Édito Conseil